Décembre 2004

L’ADSL 2 + : une nouvelle ère pour le haut débit

 

Dernière née des technologies DSL, l'ADSL 2+ a été lancée par France Télécom sur Paris le 6 décembre dernier. Elle sera déployée sur l'ensemble de l'Hexagone avant la fin du premier semestre 2005. Grâce à cette offre, les particuliers peuvent bénéficier d'un débit de 18 Mbits/s, un chiffre jamais atteint jusqu'à présent sur le réseau téléphonique classique. La R&D de France Télécom a joué un rôle moteur dans le développement et la fiabilisation de cette technologie essentielle pour le groupe. L'ADSL 2+ permettra en effet à l'opérateur historique de lancer des services inédits sur le marché de l'Internet haut débit.

 


Retour haut de page


Les limites de l'ADSL


Normalisée il y a une dizaine d'années et déployée depuis 1998, l'ADSL est une technologie asymétrique essentiellement orientée résidentiel. Elle offre en effet une petite partie du spectre ADSL à la voix montante, c'est-à-dire du client vers le réseau, tandis qu'une plus grande partie de ce spectre est concentrée du client vers le réseau. En cela, elle est donc particulièrement adaptée au téléchargement, où le client vient récupérer des informations sur le réseau.

La mise en place de cette technologie a permis, au cours de ces dernières années, l'émergence de nouveaux usages tels que l'accès Internet haut débit, la voix sur IP ou encore la télé sur ADSL. Cependant, l'ADSL se heurte à une difficulté majeure. Cette technologie n'est pas en mesure d'offrir à ses utilisateurs une offre permettant d'intégrer l'ensemble des services communicants.

L'ADSL 2+
L'ADSL 2 +, normalisée depuis un an, apporte une réponse à ces difficultés. Il s'agit d'une nouvelle norme, qui, sur la paire de cuivre, double la bande de fréquence descendante par rapport à l'ADSL. En pratique, cette fréquence passe de 1,1 MHz à 2,2 MHz. Cette augmentation du spectre permet un débit largement supérieur : d'un maximum de 8 Mbits/s avec l'ADSL, on peut ainsi obtenir jusqu'à 25 Mbits/s avec l'ADSL 2+.

L'ADSL 2+ a toutefois ses limites. Plus la fréquence du signal est haute, plus vite le signal émis est atténué lorsqu'on s'éloigne de l'émetteur. L'efficacité de l'ADSL 2+ se situe donc dans un rayon de 2 à 2,5 kilomètres du central. Au-delà, la qualité du signal de la bande haute est noyée dans le bruit environnant et l'utilisateur ne peut compter " que " sur une très légère amélioration du débit, de l'ordre de 5 à 10 % par rapport à l'ADSL classique.



Retour haut de page


Les possibilités offertes par l'ADSL 2+


L'accès au très haut débit
Le premier apport visible de l'ADSL 2+ se situe dans le débit offert au client avec un potentiel de l'ordre de 25 Mbits/s. Ce débit est donc bien plus élevé en comparaison avec les offres ADSL jusqu'à présent commercialisées. Cette technologie offre donc à ses utilisateurs une vitesse de surf sur Internet largement supérieure à celles qui existaient précédemment. En cela, l'ADSL 2+ fait pénétrer le haut débit dans une nouvelle ère. L'intérêt de cette augmentation de débit sera d'autant plus perceptible que les usages évolueront et que les utilisateurs accéderont à des contenus plus "lourds" (fichiers importants), en particulier tous les fichiers de vidéo de bonne qualité. Il faudra aussi, pour que cet avantage se concrétise, que les serveurs d'accès à ces contenus prennent en compte l'augmentation du débit et adaptent leurs flux vers les clients.

La simultanéité des services
La véritable révolution de l'ADSL 2+ est la possibilité de pouvoir utiliser tous les services communicants, possibles grâce à l'ADSL, de manière simultanée. Jusqu'à présent, la limite de la bande passante, et donc du débit, demandait un roulement pour l'emploi de ces services. Par exemple, il n'était pas possible d'établir une visioconférence en même temps que de visionner un film téléchargé à la carte et de regarder une chaîne de télévision numérique transmise par l'ADSL.

Les clients de l'ADSL 2+ pourront donc en faire un usage familial. Plusieurs membres d'un même foyer pourront ainsi profiter d'applications différentes en même temps. On peut imaginer l'ensemble de ces services utilisés dans différentes pièces de la maison simultanément :

  • Le visionnage d'une chaîne de dessins animés en même temps que l'enregistrement du programme d'un autre canal,
  • Le visionnage d'un film téléchargé à la carte (en pay per view),
  • Un jeu en ligne,
  • Une conversation en visioconférence (via MaLigne visio par exemple),
  • Un téléchargement de gros fichier sur Internet,
  • Un échange de voix sur IP,
  • Du surf sur Internet.

L'ADSL 2+ est donc tout à fait en phase avec le développement d'offres multiservices qui sont au cœur de la stratégie de France Télécom en tant qu'opérateur résidentiel.

La télévision haute définition
Une fois le déploiement de l'ADSL 2+ plus avancé, France Télécom compte ouvrir un certain nombre de nouveaux services associés. Parmi ceux-ci, l'image occupera une place de choix. L'opérateur historique devrait être en mesure de proposer aux clients équipés un service de télévision haute définition.

Les avantages de ce service sont nombreux. Ses utilisateurs disposeront avant tout d'une qualité de son et d'image bien supérieure aux standards actuels. Concrètement, la définition de l'image à l'écran comptera 1 250 lignes au lieu des 625 actuelles. Grâce à cet important gain de qualité, il sera possible de projeter des images de plus grandes tailles. On s'achemine donc vers une compatibilité avec les équipements familiaux de type écran haute définition tels que les Plasma, LCD, rétroprojecteurs, ainsi que tous les équipements Home Cinéma.

Aujourd'hui, la télévision haute définition est possible avec un débit de 20 Mbits/s et une compression audiovisuelle MPEG 2. Les travaux de recherche portent sur une solution de codage en temps réel MPEG 4 (prévue pour fin 2005, début 2006). Une fois cette compression atteinte, la diffusion de télévision haute définition sera possible avec un débit deux fois moins important, soit environ 10 Mbits/s.

L'amélioration des services existants
Un certain nombre de services existants verront leur qualité progresser. C'est le cas par exemple de tous ceux qui sont liés à la visiophonie. Pour MaLigne visio, récemment commercialisée par France Télécom, la compression sera supérieure et le débit offert par l'ADSL 2+ permettra encore plus de fluidité dans l'image et une meilleure définition à l'écran.

Le partage d'"émotions" à distance sera aussi possible : plusieurs interlocuteurs, en train de visionner un même contenu en direct (événement sportif) ou en différé (film de vacances) pourront les commenter en temps réel en visioconférence. Ce type d'application peut aussi permettre de partager une activité commune, qu'elle soit ludique ou éducative, comme l'enseignement d'une langue étrangère à distance.

A l'avenir, il est possible d'imaginer que l'ADSL 2+ et des technologies offrant un débit encore supérieur ouvriront la voie à la domotique, à la transmission d'image en continu dans deux lieux différents, à la télésurveillance à distance ou encore à la présence virtuelle.

 


Retour haut de page


Les apports de la R&D de France Télécom


Le lancement de l'ADSL 2+ revêtait une importance de tout premier ordre pour France Télécom. La R&D du Groupe, particulièrement mise à contribution, est donc intervenue à plusieurs niveaux pour permettre le commencement du déploiement de cette technologie dans les meilleures conditions.

La normalisation
La R&D de France Télécom s'est fortement investie dans les travaux de normalisation de l'ADSL 2+ dès leur commencement en 2002. Les chercheurs de France Télécom ont ainsi pris une part active dans la définition de ce que devait être la technologie et de son besoin propre en tant qu'opérateur.

Depuis que la norme existe, soit un an environ, France Télécom a collaboré avec les industriels afin d'évaluer les prototypes de matériel, les faire évoluer et a ainsi contribué à leur maturité. L'un des gros chantiers a consisté à s'assurer de l'interopérabilité entre les modems ADSL 2+ et les nouvelles cartes dslam. L'autre travail de grande envergure a été d'insérer de nouvelles cartes dans les dslams des centraux pour mettre à jour le réseau.

Un grand nombre de tests ont été réalisés lors des 6 derniers mois pour mesurer ces changements de paramètres. Ils ont permis d'atteindre les niveaux de performance et de fiabilité attendus pour le lancement de la technologie sur le marché. Pendant cette phase, l'expérience acquise lors du lancement de l'ADSL a fortement servi la collaboration entre l'opérateur historique et les fabricants de matériel.

L'expérimentation sur le terrain
France Télécom a souhaité mener une expérience grandeur nature du déploiement de l'ADSL 2+, en plus de celles menées en laboratoires. Grâce à celle-ci, menée à Lannion, un certain nombre de problématiques ont pu être mieux appréhendées ; parmi celles-ci : les contraintes du terrain lors de l'installation, le câblage d'une maison et la fiabilité de la technologie dans le temps. Là encore, le retour a confirmé que la technologie était mûre pour être déployée.

La réglementation
Plus évidente dans le domaine des émissions radios, la nécessité de réglementation de l'utilisation du spectre existe aussi concernant le réseau cuivre. En effet, la cohabitation de différents modes de transmissions dans le réseau cuivre ainsi que les équipements nouveaux à installer provoquent des risques de diaphonie, c'est-à-dire de perturbation. Les chercheurs de France Télécom ont donc joué un rôle important dans le processus d'autorisation donnée par l'ART pour lancer l'ADSL 2+.

L'ADSL 2+ sera déployée avant la fin du premier semestre 2005 dans le cadre du " plan Très Haut Débit pour tous les Français " lancé le 3 septembre 2004 par Thierry Breton, en présence de Patrick Devedjian, Ministre délégué à l'Industrie. En parallèle, France Télécom poursuit son objectif de couverture de l'ensemble de l'Hexagone pour les populations qui ne sont pas encore couvertes par l'ADSL. Ces dernières pourront prochainement l'être par le biais du Reach Extended ADSL qui consiste à augmenter la puissance des basses fréquences pour atteindre les logements non raccordables (situés à plus de 5 kilomètres des centraux). Des technologies radio comme le WiMax serviront également en complément.

L'ADSL 2+ lancée sur Paris le 6 décembre Paris

Depuis que la norme existe, soit un an environ, France Télécom a collaboré avec les industriels afin d'évaluer les prototypes de matériel, les faire évoluer et a ainsi contribué à leur maturité. L'un des gros chantiers a consisté à s'assurer de l'interopérabilité entre les modems ADSL 2+ et les nouvelles cartes dslam. L'autre travail de grande envergure a été d'insérer de nouvelles cartes dans les dslams des centraux pour mettre à jour le réseau.

Un grand nombre de tests ont été réalisés lors des 6 derniers mois pour mesurer ces changements de paramètres. Ils ont permis d'atteindre les niveaux de performance et de fiabilité attendus pour le lancement de la technologie sur le marché. Pendant cette phase, l'expérience acquise lors du lancement de l'ADSL a servi la collaboration entre l'opérateur historique et les fabricants de matériel

La division R&D de France Télécom a fortement contribué aux actions permettant le lancement de l'offre ADSL2+ de France Télécom dès décembre 2004 sur Paris.



Retour haut de page


L'heure des choix pour le futur du très haut débit


Si l'ADSL 2+ va provoquer un vrai changement en apportant à la fois la simultanéité des services communicants et de nouvelles possibilités, elle ne constitue qu'une étape vers des débits beaucoup plus hauts qui seront accessibles d'ici quelques années. Bientôt, l'importance du débit ne sera plus une arme commerciale car on se trouvera dans une phase que les chercheurs qualifient d'abondance.
Des technologies déjà maîtrisées telles que le VDSL, avec une bande de fréquence encore plus élargie, permettent d'envisager des débits allant jusqu'à 100 Mbit/s sur la paire de cuivre. Néanmoins, ce très haut débit sur le réseau cuivre a ses limites : il ne sera accessible qu'aux clients situés dans un rayon proche des centraux. Seule la fibre optique serait en mesure de garantir un tel niveau de débit sur l'ensemble du territoire.

Retour au sommaire du dossier

Décembre 2004