Intérêt et enjeux pour France Télécom


La voix sur IP représente aujourd’hui près de 15 % des appels internationaux dans le monde. En 2003, près de 25 milliards de minutes ont été ainsi échangées par l’IP, contre 19 milliards en 2002 et 150 millions en 1998. Cette croissance devrait se poursuivre avec le développement très important des abonnements haut débit. Par exemple, en France, durant l’année 2003, le nombre de foyers équipés en ADSL (et câble) est passé de 1,6 millions d’abonnés à… 3,5 millions ! En 2010, selon les prévisions actuelles, l’ADSL pourrait ainsi équiper jusqu’à 60 % des foyers et 100 % de ceux-ci utiliseront la voix sur IP.

Cette évolution va entraîner une baisse très conséquente des revenus liés aux consommations téléphoniques "classiques", pour les opérateurs traditionnels comme France Télécom. Ceux-ci doivent donc proposer des offres de voix sur IP compétitives par rapport à la concurrence pour éviter de perdre des abonnés du fixe mais aussi du haut débit. Et comme les communications de voix sur IP ne permettent pas de tabler sur une source de rémunération équivalente à celle que permettait la téléphonie traditionnelle, France Télécom doit tirer parti des possibilités offertes par le haut débit et proposer des services innovants en complément de l’offre de voix, à l’image des SMS sur le mobile par exemple. A plus long terme, lorsque cette mutation sera achevée, la principale source de revenu pour l’opérateur risque donc d’être non plus basée sur le trafic, mais sur l’accès.

Au sein de la R&D de France Télécom, près d’une centaine de chercheurs travaille ainsi au développement de nouveaux services innovants. Une vingtaine de brevets ayant une couverture multinationale ont été d’ailleurs déjà déposés dans ce domaine, notamment pour le codage de la voix. Ce portefeuille de brevets, encore amené à se développer, est aujourd’hui en cours de valorisation.

France Télécom s’implique par ailleurs de plus en plus dans des travaux de normalisation auprès d’organismes tels que le 3GPP, l’ETSI ou l'IETF, afin d’accélérer l’évolution de ce marché. Les grands domaines concernés sont :

les protocoles H.323 et SIP pour les adapter aux mieux au besoin de notre réseau et de nos services,
les réseaux NGN (Next Generation Network), qui séparent nettement voix et flux, qui remplaceront à l’avenir certaines infrastructures actuelles,
les architectures convergentes pour le fixe et le mobile,
le développement de la bande élargie.

Les dates clés de la Voix sur IP chez France Télécom :

1996 : Début de la normalisation du protocole H.323.
1997 : Début des travaux de la R&D de France Télécom sur la Voix sur IP.
1998 : Lancement du service "@llo" (notification d’appel entrant sur bas débit).
1999 : Lancement de l’offre "Advice" de VoIP pour des fournisseurs d’accès à Internet tels que Euronet NL, Nordnet, Uni2, etc.
2000 : Mise au point de "Tel@call", projet de voix sur IP sur haut débit.
2001 : Déploiement dans le réseau de passerelles RTC/IP.
2002 : Déploiement de Voix sur IP sur des réseaux VPN et lancement de la première version du service "e-telephony" pour les entreprises.
2003 : Lancement de l’initiative "Voice", fédérant les compétences en matière de VoIP au sein du Groupe.

Un des enjeux majeurs pour le réseau fixe sera le renouvellement de certains équipements arrivant à échéance, à l’horizon 2007. Cela sera une véritable opportunité pour moderniser les infrastructures en cohérence avec les évolutions actuelles vers le monde IP. Ceci permettra une optimisation des installations, avec une totale compatibilité avec tous les nouveaux services, mêlant données, voix, vidéo, etc.

Coté réseau IP, l'ambition de France Télécom est de fournir un système de voix sur IP fiable et performant, préservant la qualité du fixe, la confidentialité des échanges et la sécurisation des appels. L'architecture VoIP mise en place par France Télécom et les éléments qui la composent sont soumis aux attaques des pirates de l'Internet. La R&D de France Télécom, en coopération avec les entités opérationnelles met en place les parades techniques qui préservent nos équipements et limitent l'impact de ces attaques sur le service de VoIP.

Mais pour le moment, téléphonie fixe et téléphonie sur IP sont complémentaires et ne peuvent être complètement considérées sur un même pied d’égalité. En effet, chacune des deux solutions présente ses avantages et ses inconvénients. Il ne s’agit donc pas, pour France Télécom, d’en délaisser une au détriment de l’autre. Le fixe présente par exemple l’avantage d’être extrêmement fiable et il donne accès à des numéros d’urgence, mais pour l’utilisateur, le coût reste conséquent. Par contre, pour la VoIP, des services complémentaires, tels que la présentation du nom, ne fonctionne pas encore et la régulation des communications dans le cadre législatif européen est encore problématique.

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